« La France sait apprécier le travail, l’engagement, le courage. La France ne supporte plus qu’on l’ignore… »

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« La France sait apprécier le travail, l’engagement, le courage. La France ne supporte plus qu’on l’ignore… »

Édito à lire dans le Mieux Vivre du mois de mars 2019:

Faut-il, lorsqu’on est élu, après avoir prétendu à un poste de responsabilité, faire le tour de son territoire pour comprendre ce que nos électeurs attendent de nous ?
La recherche de responsabilités n’est pas la recherche de titres ou d’honneurs ; elle est la conséquence d’une envie, celle de prendre en main un territoire. Les femmes et les hommes qui le composent sont en attente, après avoir pris connaissance d’un projet (ou programme), de l’exécution de celui-ci et, surtout, dans l’espérance d’une vie meilleure.
Une vie meilleure, c’est plus de services, plus de culture, plus d’animations, de meilleures conditions de circulation, plus de sécurité et de bien d’autres choses formalisées ou non. Ces progrès, au profit du plus grand nombre, expliquent et justifient une fiscalité, même si celle-ci peut paraître pénible à régler.
Dans la société française, l’administré ne connaît et ne reconnaît vraiment que deux références, le Président de la République et le Maire de sa commune.
Le premier inaccessible, le Français s’adresse au second, espérant qu’il puisse être compris, écouté et, surtout, entendu.
Le Maire est à la fois l’assistante sociale, le cantonnier de service, « le bon dieu » (comme beaucoup disent !) et, aussi, sûrement, « le chef de la tribu ».
C’est lui qu’on sollicite pour un emploi, un logement, un permis de construire, une place en crèche, une flaque d’eau devant son portail, un trou dans la chaussée, un voisin qui fait du bruit ou un ex-conjoint qui paie en retard sa pension alimentaire, les problèmes d’humidité dans un logement, la haie du voisin qui déborde etc…la liste serait interminable.
Le Maire, c’est celui qui essaie de trouver le dénominateur commun, c’est celui qui apaise les conflits, c’est celui qui, avec ses équipes d’élus et de collaborateurs, fait progresser, chacun dans son territoire, un petit bout de France, un coin de la planète.
L’ignorer, c’est ne pas voir la réalité de la vraie vie.
Ignorer les Maires, ironiser sur leur travail, c’est méconnaître les efforts qu’ils font, le bien-être qu’ils essaient d’apporter aux Français et ce, bien souvent, à la place de l’Etat qui n’accomplit plus ses missions, même régaliennes.
Dans les moments difficiles que traverse notre pays, le Président de la République vient d’avoir la révélation de l’importance des Maires.Tout à coup, il leur consacre du temps pour les écouter. Espérons qu’il les entende, ceux qui sont au cœur de la France jour et nuit.Cette démarche est une bonne nouvelle. Souhaitons qu’à l’issue, il renvoie les Jacobins à leurs études, nous laisse travailler en paix et ne nous prive pas des moyens pour faire face aux attentes des administrés. Que le Président invite les services de l’Etat à abandonner l’existentialisme pervers, celui qui fait que certains existent en empêchant les autres d’avancer, et dont se repaissent trop d’agents de l’Etat.
La France a besoin de toutes les énergies, de tous les volontaires, de tous les bénévoles ; elle a besoin aussi de respect, de considération.
La France sait apprécier le travail, l’engagement, le courage.
La France ne supporte plus qu’on l’ignore, qu’on se moque d’elle, qu’on la fustige. Soyons optimistes, le bon sens finira par l’emporter. Mais, que de palabres, que de temps perdu !

Ferdinand Bernhard

Maire de Sanary, Président de la Communauté d’Agglomération Sud Sainte Baume, Conseiller Départemental du Var

 

Par | 2019-02-28T05:43:00+00:00 28 février, 2019|Actualités, Éditoriaux|