Édito du Mieux Vivre de juin 2019

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Édito du Mieux Vivre de juin 2019

Edito du Mieux Vivre de juin 2019:

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles…ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel » a déclaré le philosophe italien Umberto Eco.
Effectivement, à la lecture de quelques échanges entre intervenants, ici et là, sur un sujet ou un autre, on peut être horrifié de certains commentaires. Horrifiés aussi de quelques énormes fausses nouvelles répandues sans scrupules par les uns ou les autres.
Ce tintamarre, cette logorrhée sur le web, ressemble pourtant, à ce qui se passe sur la place d’un village, autour d’un comptoir de bar. Ce n’est donc pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est la vitesse, l’étendue et la masse de personnes impactées.
Peut-être nous manque-t-il l’Agora ou le Forum tant prisés par les Grecs et les Romains, où les échanges se faisaient autour d’un sujet mais en présence de vrais philosophes qui semble-t-il essayaient de susciter la réflexion des uns et des autres sur des sujets parfois brûlants.
Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux pas de modérateurs, pas de sage tempérant la fougue incongrue de tel ou tel citoyen.
Essayons donc de continuer à développer les occasions de réflexions autour de ceux qui ont la connaissance et qui pour autant ne prétendent pas détenir la vérité.
Il faut admettre que son prochain, son voisin ou un inconnu peut, lui aussi, détenir sa part de vérité. Nous devons aussi comprendre qu’il faut respecter sa vérité.
L’échange ce n’est pas convaincre à tout prix, c’est le moyen de s’enrichir de nos mutuelles différences, de nos réflexions, de nos expériences, de notre histoire et de notre culture.
C’est cela qu’il faut développer auprès de notre jeunesse, pour aider aussi les adultes à prendre les bonnes décisions.
J’ai été stupéfait d’entendre notre Président de la République dire qu’il avait beaucoup appris au contact des Français pendant les rencontres qu’il avait organisées. En fait, il venait de découvrir qu’il ne savait pas tout de la vie, de la vraie vie !
A force de voir ses dirigeants ignorer leur vie, les Français convaincus que leur suffrage est insuffisant, voire inutile, essaient donc de se faire entendre via le Net, exaspérés, lassés qu’ils sont de ne pas se savoir, se sentir pris en compte.
Le Net et ses usages, un sujet que nous n’avons pas ni de vivre, de commenter ou de subir, voire de louer.
Un sujet grave nous a tous interpelés ces semaines passées, c’est la mort de deux de nos valeureux soldats, tombés en libérant des otages au fin fond de l’Afrique. Douloureuse, toujours très douloureuse est la mort de jeunes Français, plus encore quand elle se produit au cours d’actes de bravoure. La France toute entière a été touchée, meurtrie une fois de plus.
Au-delà de cette émotion très forte, nous pouvons rappeler que nos soldats sont en différents pays de la planète exposés. Exposés à la mort, aux blessures physiques et psychologiques, parfois terribles. Ceux qui ont vu nos soldats revenir d’Afghanistan ont pu mesurer les désordres psychologiques générés par les circonstances, créant des conditions de survie insoutenables.
Ces jeunes Français sur des territoires lointains, en notre nom, au nom de la France consacrent leur jeunesse et parfois leur vie pour plus de liberté.
Dans des moments de grande solitude, ils peuvent se poser la question « que fais-je ici, si loin des miens dans un pays où je ne connais personne ? ».
Ils ne peuvent ignorer que sur le territoire Français, la vie continue, avec ses joies et ses peines, que des moments festifs sont organisés tout au long de l’année. Eux vivent trop souvent la peur au ventre, peur d’y rester, peur de ne pas revoir leur famille.
« Ils font le job » a dit leur Général. Certes, ils ont fait ce choix-là. Mais nous devons penser à eux plus souvent, penser aussi à leur famille, à leurs enfants.
Y penser, c’est d’abord être dignes d’eux comme de leurs aînés qui nous ont offert le bonheur de vivre dans un pays libre.
Y penser c’est arrêter de se plaindre à tout moment.
Y penser c’est mettre toujours plus d’énergie à faire de notre Pays un beau Pays.

Ferdinand Bernhard

Par | 2019-06-02T08:32:42+00:00 2 juin, 2019|Actualités, Éditoriaux|